mardi 18 janvier 2011

R.A.S. (Rien à soutirer)




Là où dorment les ours dans le bourdonnement des abeilles, les armées de fleurs jaunes ont déclaré la guerre aux violettes. Et quand le pollen a fini de se répandre sur les champs de bataille, où courent égarés des fourmis délétères et des éphémères périmés, un coquelicot perce. Puis un autre.

Dans la lumière du jour, comme dans celle de la nuit, bruisse l’ombre des métamorphoses et des remplaçants du moment. 

Dans les dédales de trois ruelles biscornues du village, passent les pas.

Et comme Jean-Luc Stéphane en est toujours là de son voyage, et qu’il n’a rien de passionnant à raconter, sa Vierge sous le bras et sa mobylette en rade à l’autre main, il passe. Il n’y a plus une pile qui marche dans le monde, et même pour se couper du silence son I-pod ne lui sert plus à rien.

Et comme il ne sait pas où il va, et comme il n’a jamais su, et comme cette putain de terre est ronde, il y va.