jeudi 2 décembre 2010

Retour au pays des coiffures imaginaires



Jules Guille a toujours voulu devenir coiffeur. C’est comme ça et pas autrement. Il a vite eu des poupées parce que les Playmobil n’étaient pas coiffables, quant aux Lego, avec cette petite coupe ampoule à clipser, ils étaient carrément imbuvables.

Vers six ans, armé de ses poupées toutes alignées dans des petits transats au milieu de la baignoire, il est allé décapsuler des bouteilles de bière en guise de shampooings. Des bières blondes pour les blondes. Des bières brunes pour les brunes. Des bières rousses pour les rousses. Ces parents n’y ont rien compris. Déjà qu’il préférait jouer à la poupée, voilà qu’en plus il tournait alcoolique.

Alors quand ce gamin est arrivé dans son salon de coiffure avec un ours en peluche, Jules s’est contenté de sourire. Le gamin lui a tendu Albert, une sorte de Paddington qui louche en tricot de corps :

- Il aurait besoin de se coiffer comme Cristiano Ronaldo. On peut payer en bonbons ?

Il en avait plein les mains.

- On peut payer en bonbons, a répondu Jules Guille.